Frère Boué

En 1876-1877, alors que se profilait la date « centenaire » de l’initiation de Voltaire — et de sa mort —, un grand nombre françaises firent monter vers le Grand Orient, dans l’atmosphère de renouveau moral, civique et politique de la IIIe République naissante, des motions de proposition d’une « fête » nationale. Voici la fin d’un de ces « vœux », l’un des premiers en date, émané de la Loge la Sincérité de l’Eure à l’Orient d’Evreux, tel qu’il fut formulé par son orateur le frère Boué (de Villiers) et voté à l’unanimité dans la tenue du 7 juin 1876. On y notera l’hommage final à l’auteur du texte précédent.


[…] Je dois conclure, mes Frères, et je le fais en vous déclarant que, venant à cette heure, le Centenaire de Voltaire en France, après le Centenaire de Washington en Amérique, à côté du Centenaire de Spinoza en Hollande, de celui d’Adam Smith en Angleterre, de celui de Giordano Bruno en Italie, sur le sol même où la papauté avait brûlé ce moine penseur, — le Centenaire de Voltaire, dis-je, ne sera pas seulement une fête maçonnique et nationale.

Tous ceux qui ont le culte de la Science et de la Pensée, tous ceux qui croient à l’infini Progrès, tous ceux qui ont substitué la notion du Droit à la notion d’Obéissance passive, la Liberté d’examen au Dogme aveugle, la lumière aux ténèbres, tous ceux enfin qui pensent que la Déclaration des droits de l’Homme n’appartient pas seulement à la France, mais est le Credo du monde moderne, et aussi que la doctrine maçonnique n’est pas seulement une collection de formules philosophiques ou morales, mais bien la synthèse des grands principes humanitaires et sociaux — tous ceux-là s’associeront de cœur et d’esprit à cette fête grandiose, qui sera à la fois une pieuse manifestation de la Maçonnerie française et une solennelle manifestation de la Maçonnerie universelle, qui sera à la fois la fête d’une nation et une fête de l’Humanité— une fête, celle-là, authentiquement catholique.

Telles sont, mes Frères, les hautes considérations qui m’ont inspiré le vœu que j’ai la faveur de vous soumettre, pour son expression être transmise au Grand Orient, et, par lui, à toutes les Loges de France et de l’Obédience, où il ne pourra que trouver un unanime et glorieux écho, tout à l’honneur de notre Loge la Sincérité de l’Eure, déjà placée en quelque sorte sous l’invocation du Frère Voltaire, par la précieuse étude maçonnique consacrée à cette Ombre illustre par le Frère Germain, notre Vénérable actuel.

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Bricaire de La Dixmerie

Frédéric II

Marquis de Luchet

Lalande

Dorly

Mercier

Roucher

Prince de Ligne

Marquise de Villette

Anonyme

Germain

Frère Boué

Dutertre

Littré

Bérillon

 

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