Dorly

DORLY […], orateur de la loge La Parfaite Union à l’Orient de Bastia, est à l’inverse de Lalande la figure la plus obscure de ce florilège maçon, où son remarquable Eloge de Voltaire, daté de 1780, lui assigne pourtant une place de choix. Je ne connais ce texte que par les extraits qu’en cite l’étude de Jacques Lemaire indiquée plus loin dans la bibliographie.


Partout nous retrouvons [dans Voltaire] cette heureuse morale dont les sages préceptes, sortis du sein de nos écoles, ont pour objet l’amour de l’ordre, le bonheur de l’humanité : il semble quelquefois que ce génie incomparable n’ait voulu être que l’apôtre et le défenseur de la foi maçonnique. Que dis-je ! souvent même, on croirait qu’avant son initiation, il les eût tous devinés et que ses études et sa conduite n’eussent servi qu’à préparer sa réception. […] Rendre les hommes meilleurs et par conséquent plus heureux, n’est-ce pas là en peu de mots l’esprit de nos lois ? le seul objet que se proposent les maçons ? […] La fidélité à ses devoirs, la haine pour la tyrannie, l’horreur pour la superstition, le respect pour les droits de l’humanité, l’estime de ses semblables, le désir et les moyens de les unir par les liens de l’amitié et de la fraternité, voilà ce qui compose la substance de notre code. […] Lisez, mes frères, les discours particuliers où il traite de la vertu, de l’amitié, de la liberté, du bonheur, de la modération : étudiez ces écrits, simples et touchants ; vous sentirez à chaque vers cette heureuse conformité avec nos principes ; vous regretterez que sa réception si longtemps retardée ne nous ait pas permis de l’appeler plus tôt du doux nom de frère. […] Ce grand homme eut des défauts ; il eut tous ceux que l’orgueil peut donner quand on sent sa supériorité sur tout ce qui vous environne. Quelquefois sa sensibilité aiguë porta trop loin son ressentiment ; quelquefois, sans s’arrêter sur les bords de ces abîmes impénétrables au fond desquels il est défendu à la raison de descendre, il osa en mesurer la profondeur ou, nouveau Prométhée, il tenta de dérober au ciel sa lumière. […] Sa conduite est notre morale en action. […] Ah, pourquoi le sort ne permit-il pas qu’à l’entrée de sa carrière, il pût joindre à ses connaissances littéraires celles que nos dogmes lui auraient révélées ! Il eût appris de bonne heure à l’école des Maçons à pardonner aux hommes quand ils sont injustes, à se rapprocher d’eux quand ils nous évitent, à les adoucir quand ils nous poursuivent, à les plaindre quand ils nous outragent. La Philosophie lui avait bien fait sentir la vérité de cette morale, mais la maçonnerie lui en aurait constamment donné des leçons, fourni des exemples. […]

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