Giono et Rousseau

18 avril 2012:  « Giono et Rousseau », conférence de Jacques Mény au château

Rousseau est l’auteur (avec un autre Suisse, C.-F. Ramuz) dont Giono a été le plus souvent rapproché par la critique entre 1929 et 1944. S’il y a quelques raisons à cela, elles sont à chercher dans un « gionisme diffus », comme on parle de « rousseauisme diffus ». Certaines valeurs promues dans les deux œuvres ont pu induire leur comparaison : culte de la nature, « dénaturation » de l’homme par la civilisation, exaltation d’une forme de primitivisme. Il n’est pas certain que Giono ait été très satisfait d’être considéré comme un « nouveau Rousseau », mais il faut s’interroger sur cette interprétation de son œuvre, tant elle est récurrente. Guéhenno ne lui dédicace-t-il pas son Jean-Jacques comme un ouvrage sur leur « ancêtre commun » ?

Giono a, bien entendu, lu Rousseau : il le cite explicitement à plusieurs reprises dans des œuvres écrites à des époques très différentes. Il prend également ses distances avec lui à partir de 1940 et de la fin de ses illusions « humanistes ». Critiquer Rousseau revient alors à faire son autocritique. En 1944, dans Fragments d’un paradis, il écrit : « Je suis chaque fois gêné quand je dis l’homme, j’ai l’air d’un vieux Rousseau ». À la fin de sa vie, Giono écrit à un ami : « Je n’ai jamais réussi à m’intéresser à Rousseau ; pourquoi ? Je crois que c’est parce qu’il était sans humour ».

Jacques Mény se propose, dans cette conférence, d’observer les différents aspects de la réception de l’œuvre de Giono à la lumière de celle de Rousseau et de montrer la complexité de la relation que Giono lui-même entretient avec l’œuvre du « citoyen de Genève ».

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