Programme 2012

Du 1er avril au 31 octobre, Exposition Voltaire – Rousseau, l’éternel duel

18 avril 2012: Conférence Giono-Rousseau

19 avril 2012: Projection de « Citoyen Rousseau »

3 au 7 juin: voyage de 5 jours

à Toulouse (maison Calas) et en Bordelais (Montesquieu, etc.)

10 juin: « Vivant ou mort, il les inquiétera toujours », visite guidée à la Fondation Bodmer

11-12 juin : Colloque « Voltaire et Rousseau, un partenariat posthume »

23 juin: Voltaire franc-maçon, conférence d’André Magnan à Madrid

30 juin: Fête à Voltaire
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1er juillet : Hommage au Chevalier de La Barre

29 & 30 septembre : Sur les traces de Rousseau en Suisse romande

 

 

 

 

 

Voyage à Toulouse et dans le Bordelais
Du dimanche 3 au jeudi 7 juin 2012
Bref carnet de voyage

Genève Toulouse / Dimanche 3 juin

La journée se termine, la route a été longue malgré une halte bienvenue et savoureuse à l’ombre des remparts d’Aigues-Mortes. En fin d’après-midi, l’approche de Toulouse se fait sous des trombes d’eau, atmosphère propice pour se remémorer le drame de Jean Calas, grâceà la projection d’extraits du film « Voltaire et l’Affaire Calas », tourné à Ferney en 2004.

Mais d’abord, dîner croisière à bord de l’Occitania.

Le débit de la Garonne interdit la navigation sur le fleuve. Repli sur le Canal du Midi, avenue aquatique sous la célèbre voûte de platanes, hélas promise à la disparition pour cause de maladie végétale.
Au retour, l’ami Claude rate le quai et tombe dans le canal, rattrapé in extremis pas le capitaine. Chaussures trempées, grosse frayeur et un peu plus puisque, le surlendemain, un médecin diagnostiquera une bonne entorse et un éclatement osseux. Bandage, chaussure de contention et l’aventure continue.

Lundi 4 juin / Toulouse et Jean Calas
Rendez-vous matinal au 50 de la rue des Filatiers. Rencontre avec Claude Dupuy, président de l’association « Jean Calas, l’Europe nous regarde ». Rappel de son combat : empêcher que l’échoppe de Jean Calas soit bientôt transformée en supérette ; et y prévoir un centre de réflexion sur la tolérance.
Guy de Toulza nous rejoint dans la rue avant de nous guider, à travers le long couloir, jusqu’à l’étage qu’il occupe et qui fut l’appartement de la famille Calas. Emouvant de se trouver dans les lieux où le père apprit la mort de son fils avant d’être accusé, à tort, de son assassinat. André Magnan lit la lettre, revue et corrigée par Voltaire, dans laquelle la veuve du supplicié décrit le déroulement de la soirée en famille jusqu’à la découverte du corps de leur fils Marc-Antoine.
Après-midi au Capitole avec Jacky Béna, historien passionné et passionnant, autour de l’histoire de la ville. Fuyant la place, encore bruissant d’une fête dédiée au rugby, nous nous réfugions au premier étage, dans la salle des Illustres pour évoquer la révolte désespérée des Cathares face à l’oppresseur catholique venu de Paris.
Le soir, arrivée à La Brède. Accueil bienveillant malgré notre grand retard, repas agréable au restaurant qui, au pays de Montesquieu, s’appelle évidemment Le Philosophe.

Mardi 5 juin / La Brède et Mongenan

Nuit sereine et, au matin, rendez-vous devant l’église avec celle qui sera notre guide d’un jour, Monique Brut. Intarissable sur la famille des Montesquieu, dont le dernier descendant, Alexandre, vient nous accueillir rapidement. Nous le retrouverons en fin de journée dans son bar à vins et à tapas, l’Esprit des Vins.
Visite du moulin dans lequel Montesquieu, encore petit enfant fut remis à sa nourrice, ses trois premières années durant, en compagnie de frères de lait qui lui rappelleront à jamais qu’il était issu de la terre et qu’il serait un jour, à Paris, un « Persan » forcément étranger.
Puis déplacement à Rochemorin, dont Monique Brut nous fait l’historique complet, de l’improbable architecture périgourdine à la passion de la vigne devenue son gage d’indépendance financière. Découverte des chais neufs, splendides, appartenant désormais à André Lurton, négociant et mécène.
Très agréable déjeuner au Pistou, à Martillac, puis déplacement à Portets, au château de Mongenan, accueillis par la propriétaire, Florence Mothe, exubérante et passionnante érudite. Rousseau, qu’on célèbre cette année, est virtuellement présent chez de Gascq, qui s’était fait construire ici une « folie » destinée à abriter ses amours clandestines. Lente approche du saint des saints, le temple maçonnique inchangé depuis le siècle des Lumières.
Lire l’article de Sud-Ouest

Soirée à l’Esprit des Vins. Alexandre Montesquieu courant du bar à la terrasse pour servir tapas et verres de Graves, vision surprenante du descendant « très ressemblant » de Montesquieu en situation de quasi-serviteur ! Mais avec quelle classe et quelle gentillesse ! Tout le portrait de son ancêtre…

Mercredi 6 juin / La Brède et et Brive-la-Gaillarde

Matinée au château de Montesquieu à La Brède. Splendide approche de ce petit château fortifié dont l’illustre occupant a propagé le nom au-delà des frontières et des siècles. C’est là qu’il est né, là qu’il a écrit les Lettres Persanes et L’Esprit des Lois. Edith Brochon nous guide au fil des générations, des mariages de raison et d’amour. Le lieu est sombre. Les murs de près de deux mètres y sont pour beaucoup. Seule salle plus lumineuse parce qu’immense, la bibliothèque. Hélas, les livres ont été mis en lieu plus sûr et plus adapté à la bibliothèque de Bordeaux. André Magnan, qui a connu le bibliothèque sans son état originel, est un peu déçu. Nous aussi.
Lire l’article de Sud-Ouest

Pour pallier la défection de notre hôtel Bordelais (Le Quality, rue du Parlement Sainte-Catherine), qui nous a fait faux bond en « oubliant » nos réservations, étape du soir à Brive-la-Gaillarde. Nous y gagnons sans doute au change grâce à l’accueil affectueux de Bruno Marty et de sa femme Isabelle, à l’hôtel Collonges. Grâce aussi à un succulent dîner au Living voisin.

Jeudi 7 juin / Brive-la-Gaillarde et retour à Ferney

Extraits de presse

Sud-Ouest,

Voltaire rend visite à Rousseau

Les Amis de Ferney-Voltaire étaient en visite mardi au château de Mongenan pour rendre hommage à Rousseau pour le 300e anniversaire de sa naissance. Cette plongée dans les herbiers, les « Lettres sur la botanique », le « Dictionnaire de botanique », les éditions originales des pièces de Rousseau, ses lettres et portraits, s’est faite pour ces érudits, spécialistes des écrivains du XVIIIe siècle sous la houlette de Florence Mothe qui leur a également présenté l’exposition de gravures de Redouté et de Rousseau lui-même quand il était en apprentissage chez le graveur Ducommun à Genève, ainsi que les photographies d’Annick Maëlle qui a promené un regard parmi les animaux et les plantes du « Jardin de Jean-Jacques ».
Lire la suite…

Rappel du programme

Dimanche 3 juin: De Ferney à Toulouse via Aigues-Mortes
– 7.00: Départ de Ferney (parking de la Mairie) dans un autobus de la société Europ’tours
– 12.30: Repas (compris) à Aigues-Mortes: Le Vice-Versa, 1 rue du 4 Septembre, 0466517589
– 14.30: D’Aigues-Mortes à Toulouse (269km)
– En route, film L’Affaire Calas
– 17.30 Toulouse, l’hôtel Capitouls Best Western *** 29, allées Jean-Jaurès 0534413121
– 19.45 Départ de l’hôtel en métro (station Jaurès) pour le quai de la Daurade (station Esquirol), ligne A, 2 stations
– 20.30 Repas croisière (compris) à bord de l’Occitania sur la Garonne et le Canal du Midi. Départ du Quai de la Daurade
-23.00 Retour en métro (idem)

Lundi 4 juin: Toulouse, journée Jean Calas

– 8.30 Petit-déjeuner à l’hôtel
– 9.30 Rencontre avec Claude Dupuy, président de l’association « Jean Calas, l’Europe nous regarde ». Le magasin de Jean Calas risque d’être transformé en supérette!
– 10.00 Visite privée de l’appartement des Calas, au 1er étage du 50 rue des Filatiers, à l’invitation de son propriétaire, M. Guy Ahlsell de Toulza
– 12.30 Repas (à la carte, à la charge des participants) chez « Monsieur Georges », 20 Place St Georges (lieu de l’exécution de Jean Calas) 0561298115
– 14.00 Visite libre du Vieux-Toulouse
– 16.30 Départ de l’hôtel Capitouls pour La Brède
– 19.30 Installation à l’hôtel Akena ** (La Brède) et repas (compris) au restaurant de l’hôtel

Mardi 5 juin : La Brède et Mongenan

– 9h15 Rendez-vous devant l’église de La Brède (à pied) avec Monique Brut, historienne, auteur de « Montesquieu en ses vignobles ». Visite du village de La Brède ainsi que des châteaux de La Blancherie (Appellation Graves) et de Rochemorin, domaine ayant appartenu à Montesquieu (Cru classé Pessac-Léognan). Accueil (10.45-12.30) par Hélène Brun-Puginier, historienne des domaines Lurton. Dégustation. Possibilité d’achat.
– 12.30 Repas (compris) au restaurant Le Pistou à Martillac 05.56.72.00.00
– 15.00 Visite commentée au château de Mongenan (Portets) en compagnie de Florence Mothe, descendante du Baron de Gascq, président du Parlement de Guyenne, ami de Montesquieu et de Rousseau. Visite du seul temple maçonnique accessible en France à de non-maçons, installé à l’intérieur de la demeure. Découverte des jardins et de l’herbier réalisés selon les préceptes de Rousseau. Dégustation des vins de la propriété.
– 19.00: Retour La Brède. Rencontre à l’Esprit des Vins avec Alexandre de Montesquieu, descendant direct du philosophe. Repas simple (tapas) sur place selon le goût et à la charge de chacun. Bar avec dégustation de crus de Graves et de Pessac-Léognan. Possibilité d’achat.
– Nuit à l’hôtel Akena.

Mercredi 6 juin: Journée Montesquieu

– 10.00: Visite guidée du château de Montesquieu à La Brède. Guide Edith Brochon.
Ensuite, flânerie dans le parc et récits en compagnie de Monique Brut.
-12.30: Repas (compris) au Saint-Hubert à Saint Selve
14.15: Départ pour Bordeaux
– 16.00 / 17.30 Visite guidée de la vieille ville de Bordeaux (guide OT)
-18h.00 Départ pour Brive-la-Gaillarde
-20.30 Installation à l’hôtel Collonges
21h15: repas restaurant Le Living (compris)

Jeudi 7 juin: Brive-la-Gaillarde et retour

– 10.00: Matinée libre (marché) ou visite guidée de Brive
– 12.30: Repas libre dans un restaurant de Brive
– 14.30: Départ pour Ferney via Clermont-Ferrand
– En fin d’après-midi, petite halte casse-croûte
– Projection de films consacrés à Voltaire et Rousseau. Lancement du voyage « Rousseau en Suisse romande » (2 jours en septembre)
– 21.30 Arrivée à Ferney

Contact téléphonique: Alex Décotte 0642775611

 

Colloque

Voltaire et Rousseau, un partenariat posthume

11-12 juin 2012, Ferney-Voltaire

PDF du programme

Lire l’article de la Tribune de Genève

« Je ne vous aime point, Monsieur »… C’est ainsi que Rousseau met un terme, en 1760, à ses relations avec Voltaire. Mais la mort, et plus encore la Révolution, les réuniront dans un mariage dont les failles allaient ressurgir un siècle plus tard, lorsque le comité Voltaire de 1878 décida d’écarter Rousseau des célébrations du centenaire.

Le colloque se propose d’examiner les origines et l’histoire de cette étrange union posthume que les deux hommes auraient tout fait pour éviter. Les traces en sont innombrables, dans la culture populaire, la littérature, l’histoire, la politique, l’art graphique et décoratif, toute la nation se voit construite sur ces deux piliers incontournables des valeurs républicaines.

Ouvert au public aux lieux et horaires suivants:

Lundi 11 juin, Château de Voltaire

9h30 Ouverture

9h45 Présidence : François Bessire, Université de Rouen

– André Magnan (Université Paris Ouest Nanterre La Défense): Je-Rousseau-je / Lui-Voltaire : réflexions sur la perception posthume des textes autobiographiques
– Martin Stern (Lycée Notre-Dame de Sion d’Istanbul ; Rousseau Association):
Rousseau, Voltaire et la question de la révélation : de l’art de se faire « brûler » à propos

11h Pause

11h15 Présidence : André Magnan, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

– Alain Sager (Nogent-sur-Oise): Voltaire avec Rousseau, une relecture de L’Orphelin de la Chine
– Michel Termolle (H. E. Condorcet Ht Belgique): L’Émile et L’Ingénu, une parole si proche en éducation

12h30 Déjeuner au Château

14h30 Présidence : Françoise Tilkin, Université de Liège

– Ileana Mihaila (Université de Bucarest): Les frères ennemis ou Voltaire et Rousseau dans la culture roumaine
– Nadezda Dorokhova (Musée national Michail Glinka, Moscou): Voltaire, Rousseau et les réformes en Russie au tournant des XVIIIe-XIXe siècles
– Piotr Zaborov (Institut de littérature russe, Maison Pouchkine, Saint-Pétersbourg): Voltaire et Rousseau : les échos en Russie de leurs doubles jubilés (1878, 1928, 1978)

16h30 Visite au château de l’exposition « Voltaire-Rousseau, l’éternel duel »

18h30 Conférence plénière / Raymond Trousson (Académie royale de langue et de littérature françaises, Bruxelles): Lamartine entre Rousseau et Voltaire : un double désenchantement

20h30 Dîner à L’Imprévu

Mardi 12 juin, Mairie de Ferney-Voltaire

9h Présidence : Jean-Daniel Candaux, Bibliothèque de Genève

– Linda Gil (Université Paris IV): La célébration de Voltaire et de Rousseau posthume par les gravures de Moreau le Jeune
– Marie Fontaine (Université de Rouen): Voltaire et Rousseau aux Champs Élysées, avant et après leur installation au Panthéon : étude de trois dialogues des morts
– François Bessire (Université de Rouen): Les représentations conjointes de Voltaire et Rousseau pendant la Révolution

10h45 Pause

11h Présidence : Ourida Mostefai, Boston College

– Pierre Leufflen (Nîmes et Paris): Rousseau-Voltaire, 1815-1870 : deux icônes de la Révolution au cœur des batailles politiques
– Halima Ouanada (Université de Tunis-El Manar): « C’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau »
– Pascale Pellerin (CNRS, UMR LIRE 5611, Université Stendhal Grenoble 3): Voltaire et Rousseau, deux figures résistantes sous l’Occupation

12h45 Conclusion

Colloque organisé par la Société Voltaire, Voltaire à Ferney et le Centre international d’étude du XVIIIe siècle avec le soutien de la ville de Ferney-Voltaire et du Centre des monuments nationaux. Pour plus d’informations sur les activités des trois associations, leurs publications et leurs projets, nous vous invitons à consulter également :

c18.net / societe-voltaire.org / fonds-voltaire.org / atelier-du-livre.org

30 juin: Fête à Voltaire

Organisée pour la première fois dans le parc du château, la fête constitue une manifestation culturelle et populaire, organisée par la Ville de Ferney-Voltaire, avec de nombreuses prestations artistiques et des stands gastronomiques tenus par les associations locales.

Ce soir-là, Voltaire à Ferney et de ses associations soeurs (Centre international d’étude du XVIIIe, Société Voltaire) accueillent les visiteurs dans les appartements de Madame Denis, où ils présentent et commentent leur exposition annuelle Voltaire-Rousseau.

Exposition: voir détails ici.

Hommage au Chevalier de La Barre
Dimanche 1er juillet à 11h

« Et c’est là ce peuple si doux, si léger et si gai ! Arlequins anthropophages, je ne veux plus entendre parler de vous. Courez du bûcher au bal, et de la grève à l’opéra-comique, rouez Calas, pendez Sirven, brûlez cinq pauvres jeunes gens qu’il fallait, comme disent mes anges, mettre six mois à Saint-Lazare. Je ne veux pas respirer le même air que vous. »
Voltaire au comte et à la comtesse d’Argental, 16 juillet 1766

J’ai toujours la place d’Abbeville devant les yeux. Les Français oublient tout, et trop vite.
Voltaire à Turgot, 12 janvier 1770

Ce sang innocent crie, mon cher ange, et moi je crie aussi ; et je crierai jusqu’à ma mort.
Voltaire à d’Argental, 16 avril 1775

La Fédération de l’Ain de la Libre Pensée organise, pour la 3ième année consécutive, un rassemblement devant la statue de Voltaire afin d’honorer la mémoire du Chevalier de la Barre. Ce rassemblement, simultanément avec celui d’Abbeville autour de la statue du Chevalier, a pour but de réaffirmer la lutte indispensable pour défendre la liberté de conscience.

Cette année, les responsables de la Libre Pensée ont invité les associations voltairiennes à se joindre à la manifestation et à prendre la parole. Nous le faisons ici grâce à un texte de l’ami André Magnan:

La Loi sur les associations a aujourd’hui 111 ans. On peut dire que Voltaire aura pressenti de loin l’esprit de cette loi, qu’il en aura même sans doute, avec d’autres bien sûr, préparé l’avènement, lui qui revendiqua toute sa vie, jusqu’à les exercer sans loi ni droit (donc avec risque), les libertés de penser et d’écrire, lui qui dans sa verte vieillesse anima, soutint de grandes causes, et les rendit communes par le seul lien de conviction. Souvenons-nous un moment de l’affaire Calas, souvenons-nous surtout de l’affaire du chevalier de La Barre, dont la mémoire est si vive en ce jour et en ce lieu.
Âgé de 19 ans, le chevalier de La Barre fut la dernière personne en France à être condamnée à la peine de mort sur accusation judiciaire de blasphème. La sentence prononcée à Abbeville, résidence du chevalier, fut confirmée à Paris, en appel. Louis XV ne fit pas grâce. L’arrêt de sentence d’Abbeville comme celui du Parlement, portaient également que le Dictionnaire* philosophique portatif de Voltaire serait lacéré et brûlé sur le même bûcher que La Barre. C’est ainsi que le chevalier fut reconduit, après son jugement, de la Conciergerie de Paris à Abbeville, de nuit pour éviter les troubles, en carrosse, sur le lieu du délit et de l’offense. Un mois après ce verdict, après avoir subi la question, le chevalier mourut dans les supplices réservés aux blasphémateurs : langue et poings coupés, tête tranchée, corps brûlé et privé de sépulture, le 1er juillet 1766, au milieu d’une foule de spectateurs, dans la ville où il avait passé sa jeunesse.
D’abord effrayé, Voltaire se ressaisit et fit front, avec une extraordinaire énergie, malgré ses 72 ans.
Remontant aux faits, Voltaire modifie la place que tenaient dans le procès l’offensé, la victime et le coupable. La Barre prend la place de la victime et le peuple, « tout le peuple », est de son côté, indigné de son sort. Les juges locaux et parisiens appartiennent désormais au monde des bourreaux . Quant à la place de l’offensé, elle est occupée dorénavant par l’homme de raison, l’homme vertueux, le philosophe.
L’action de Voltaire dans ces différents procès en révision, cette militance et ces combats, ont indéniablement la dimension moderne d’un recours direct à l’opinion, d’un appel associatif, d’une implication des volontés dans un sens solidaire. Voltaire invoqua et souleva «le cri public», c’est l’un de ses mots; et il en propagea l’indignation dans l’Europe du temps.
Refusée du vivant de Voltaire, la réhabilitation du chevalier de La Barre fut réclamée en 1789 par les cahiers de la noblesse de Paris et accordée par la Convention le 15 novembre 1793).
Quant à la laïcité, Voltaire n’en a pas connu le nom, puisque ce mot ne fut formé qu’en 1871. Mais ses écrits tiennent intimement à la genèse même de l’idée laïque. Toute son œuvre dit l’anomalie d’une société, la France de son temps, où le clergé restait un ordre dans l’État, et constituait même, très précisément, le premier ordre de l’État. L’un des principes d’une réforme politique que Voltaire appela de ses vœux se formule ainsi sous sa plume : «L’Église est dans l’État, et non l’État dans l’Église». Et il dit aussi, formule moins connue, dans une lettre écrite à un prêtre : «Il faut séparer toute espèce de religion de toute espèce de gouvernement».
Un siècle plus tard, c’est en lisant dans «Le Siècle», journal républicain, un récit en feuilleton de l’affaire Calas, que Zola sentira monter en lui la révolte de son «J’accuse», qui relance l’affaire Dreyfus — on est en 1898, trois ans avant la Loi 1901. S’il faut des lois pour organiser l’exercice des libertés, la Loi 1901, en tout cas sa pratique associative et pluraliste, est probablement «voltairienne».

André Magnan / Jean Goulemot / Compilation et présentation: Alex Décotte

Sur les traces de Rousseau en Suisse romande

Voyage de deux jours et une nuit, samedi 29 & dimanche 30 septembre 2012

Malgré un temps d’automne, le voyage s’est déroulé dans les meilleures conditions. Nous présenterons ici, dans quelques jours, les photos de cette belle aventure. En attendant, voici quelques premiers commentaires:

C’est vrai que l’on avait l’impression d’être partis plusieurs jours – nous avons vu et entendu tant de choses de nos experts, un vrai régal. Rosemary Bell

Je pense que vous êtes comme Anne moi, des souvenirs plein la tête et l’impression d’être partis une bonne semaine ! Jean Achard

Un grand merci pour ces deux journées passées dans l’ombre de JJ. Rousseau. Instructif, intéressant, j’en garderai un bon souvenir !  Yolande Bidet

Merci pour ces deux jours que j’ai trouvé magnifiques, malgré le mauvais temps; cela nous a permis d’enrichir nos connaissances, en tout cas pour moi. Violette Monier

 

Rappel du programme

Samedi 29 septembre
08.00 Départ de Ferney
10.20 Visite de la maison-musée de Rousseau à Môtiers

12.30 Repas à l’hôtel des Six-Communes (Môtiers)
16.30 Visite guidée du Latenium d’Hauterive

18.00 Départ pour Morat
19.30 Arrivée à l’hôtel
Dîner libre et nuit à l’hôtel Murten (Morat)

Dimanche 30 septembre

09.30 Départ en bus pour Erlach
10.30 Navettes privées Erlach / Ile Saint-Pierre

11.30 Arrivée Ile St Pierre (débarcadère sud)
12.00 Visite du monument Rousseau et de sa chambre dans l’ancien cloître

13.00 Repas au restaurant du cloître
14.00 Promenade sur l’île en direction de l’embarcadère nord
15.25 Départ de l’île en bateau pour Erlach, le canal de la Thielle et le lac de Neuchâtel

16.55 Débarquement à Hauterive, où le bus nous attend
18.00 Petite halte parmi les menhirs d’Yverdon

19.00 Filets de perches au bord du lac de Neuchâtel (Le Pécos, Grandson)

21.00 Départ pour Ferney
22.00 Arrivée à Ferney

 

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